Textes et ressources

C’est arrivé à Courcerault
Je vous parle d’un temps que les moins de 65 ans ne peuvent pas connaître…

Courcerault en ce temps là était petit village d’environ 370 habitants dans lequel il y avait encore des commerçants, des artisans, des petits agriculteurs, on s’y déplaçait à cheval, à vélo et en carriole, il y avait la messe tous les dimanches et l’école était pleine d’enfants.
C’était en 1944 et la France était encore occupée par l’armée allemande et les nazis.

Le 6 juin 1944, les armées alliées ont débarqué en Normandie. Pour beaucoup, cette nouvelle a été l’aboutissement d’une longue attente et l’espoir de la libération.

A Courcerault, le 5 juin est le triste souvenir d’une rafle effectuée sur dénonciation. Des résistants avaient rejoint le maquis à l’hôtel Garnier, bouverie isolée située à l’orée du bois de Sublaine, près du GR22, quand les allemands et la milice les ont surpris le matin à 8 heures et les ont fait prisonniers.

Ces 10 jeunes hommes n’étaient pas de Courcerault et avaient la même foi, chasser l’occupant pour que la France recouvre la liberté. Ils ne sont jamais revenus chez eux. L’armée allemande les a fusillés, le 30 juin 1944 dans la carrière la Galochère située près le Condé sur Sarthe, en même temps que 5 autres résistants arrêtés à leur domicile de Mortagne au Perche et de Mauves sur Huisne.
Aujourd’hui, l’hôtel Garnier est un bâtiment délabré sur les murs duquel on peut voir les traces de la fusillade. Dommage que les propriétaires n’aient jamais acceptés qu’il devienne un lieu de mémoire.

Chaque année, une commémoration en mémoire de ces jeunes résistants est célébrée le 30 juin à la Galochère, lieu où ils ont été exécutés et où une stèle est érigée, ainsi qu’au cimetière de Mortagne au Perche devant le monument commémoratif. Une rue de Mortagne au Perche s’appelle « rue des 15 fusillés » en leur mémoire.

Aujourd’hui, le 30 juin 2009, c’est de 65ème anniversaire de leur exécution.

( source: http://courcerault.over-blog.com/article-33293610.html)


Qui va sauver de la ruine la maison des Quinze Fusillés ?

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Devant la porte du bâtiment qui fut le dernier refuge des fusillés. Devant la porte du bâtiment qui fut le dernier refuge des fusillés. |

M. B.

« C’était en juin 1944 et la France était encore occupée par l’armée allemande et les nazis. » À Courcerault, les Résistants s’étaient installés en plein champ, dans une petite bouverie. Dans cet « hôtel Garnier » situé à l’orée du bois de Sublaine, vivaient douze hommes « qui avaient la même foi : chasser l’occupant pour que la France retrouve la liberté ».

La veille du Débarquement, le 5 juin, une rafle a été effectuée par les Allemands dans cette ancienne bouverie. Il semble que ce soit « à la suite d’une dénonciation ». Les douze jeunes gens ne sont jamais revenus chez eux. L’un, qui a tenté de résister, a été tué sur place. Les autres ont été fusillés dans la carrière de la Galochère à Condé-sur-Sarthe, le 30 juin 1944, après un jugement hâtif à Alençon. En plus de ces derniers, quatre autres résistants de Mauves et de Mortagne-au-Perche, arrêtés à leurs domiciles.

« Aujourd’hui, l’hôtel Garnier est un bâtiment délabré sur les murs duquel on peut encore voir les traces de la fusillade. » Selon les villageois, il fut un temps où les associations de résistants voulaient établir un lieu de mémoire. Cependant, il semblerait que « les propriétaires n’aient jamais accepté ce projet », au grand regret de l’association « Vie et Patrimoine de Courcerault ».

Chaque année, le 30 juin, une cérémonie du souvenir a lieu à la Galochère, devant une stèle à leur mémoire, ainsi qu’au cimetière de Mortagne où ils sont enterrés. Une rue de cette ville porte le nom « Rue des Quinze Fusillés ». Un sujet qui reste encore très sensible chez les habitants de Courcerault

( Source Ouest-France du 3 mai 03 Mai 2013)


Le maquis, la guerre et Marcel

MARDI 14 JUIN 2011

par Simon | Catégorie : Petites histoires | consulté 797 fois | 5 commentaire(s)

C’était il y a presque 70 ans. Alors que les alliés allaient débarquer, la répression s’abattait sur des résistants retranchés dans un maquis, au bord d’un bois. De sa chambre d’hôpital, Henri, 81 ans, raconte l’histoire du maquis de Courcerault, un petit village de l’Orne, et de son frère, Marcel.

« Si j’avais été plus jeune, j’aurais voulu retaper la maison. Pour garder le souvenir… . » Assis au bord de son lit, Henri tient sa tête entre ses mains. Ses coudes sont posés sur le journal local. Henri est hospitalisé depuis quelques semaines. Victime de bronchites à répétition et d’un cœur parfois défaillant. Une grande cicatrice, trace d’une opération passée, apparaît à travers le haut de sa chemise bleu, légèrement entrouverte. En cette belle journée d’hiver, Henri, 81 ans, aurait aimé sortir, lui, l’ancien agriculteur qui passe sa vie dehors. Faute de pouvoir s’évader, il me raconte l’histoire dont il a été témoin il y a 67 ans.

Cette histoire, c’est celle de son frère, Marcel, 20 ans à l’époque, et de dix hommes qui avaient choisi de résister contre l’occupation allemande. Cette histoire se déroule le 5 juin 1944, alors que les bateaux des forces alliées traversent la Manche pour débarquer sur les côtes normandes, à Courcerault, un petit village de l’Orne.

Depuis trois semaines, au bord d’un bois, au milieu des pommiers, une maison abrite 10 résistants. La nuit, ils agissent, font sauter des ponts. Le jour, ils se cachent dans ce maquis perdu dans la campagne percheronne qui appartient à la famille de Marcel et Henri Aveline. « On leur apportait à manger, se souvient Henri.Une fois, j’ai pris la petite voiture et puis un cheval, je suis allé leur donner du pain et des marchandises. Mon père m’avait rejoint, en traversant le bois à pied, plus loin. »

« On aidait le pays »

La famille prend des précautions. Sans vraiment réaliser les dangers ? « On en était conscients, estime Henri. C’était une façon, pour nous, de travailler pour son pays, je crois, hein ? » Le soir, ils écoutent le général de Gaulle, grâce à un pose à galène donné par des maquisards de la région parisienne. « On fournissait des parisiens en ravitaillement, et ils nous avaient amenés un poste », raconte Henri.

La présence du maquis se répand rapidement dans la région. « Les gars, ils n’étaient pas très sérieux, se souvient Henri. Ils chassaient dans le bois, se baignaient dans le ruisseau. Ils devaient repartir 10 jours après, mais ils sont restés trop longtemps. Faut pas rester trop longtemps, dans ce métier là ! » Les gens parlent. La rumeur se répand.

Le 5 juin, à 5h30, les Allemands débarquent chez celui qui a amené les résistants au maquis, M.Leveau. « Sa bonne a vu les Allemands arriver, raconte Henri. Elle est allée frapper à sa chambre pour le prévenir. Lui a sauté par la fenêtre et il s’est enfui dans le champ. Puis elle a couru jusqu’à notre ferme, pour prévenir mon frère. Elle n’était pas partie qu’ils arrivaient. Mon frère n’a pas eu le temps de partir. Ils l’ont forcé à les conduire là-bas, au maquis. »

Marcel refuse, se prend des coups, puis se résigne. « Il me dit, va prévenir papa, surtout, qu’il ne rentre pas à la maison », se rappelle Henri. Le père est réquisitionné pour monter la garde sur une ligne de chemin de fer. « J’ai pris mon vélo et je lui ai raconté ce qui s’était passé. »

L’attaque avant la fuite

7h00. A quelques kilomètres d’ici, les Allemands découvrent l’emplacement du maquis. Alors que Marcel Aveline est tenu en joug par un officier, les militaires mitraillent la maison. Pendant 15 minutes, les résistants répondent. Lancent des grenades à travers les fenêtres. Mais les munitions s’amenuisent. A travers la fenêtre, un tissu blanc s’agite. Ils se rendent. Un par un, ils sortent du maquis. Sous les pommiers, sont alignés. L’officier Polonais qui dirigeait le groupe, échappé de l’armée allemande, rampe jusqu’aux militaires, blessé au ventre. On leur fait quitter leurs chaussures.

A Marcel aussi, avant que Jardin, un français collaborateur qui sera fusillé à la fin de la guerre et qui sert d’interprète aux forces allemandes, ne lui dise de les remettre et de se tenir à l’écart des résistants. Alors que les soldats Allemands ramassent les armes des résistants, Marcel saisit sa chance. « Je savais que je serai fusillé », raconte-t-il 50 ans après dans une interview vidéo. « Mon frère, c’est à ce moment là qu’il a sauté dans le bois, note Henri. Il part en courant, saute une clôture. Il a bien fait 25 mètres. Un Allemand l’a vu et lui a tiré dessus. Une balle lui perfore les côtes. Une autre, la cuisse. Dans le bois, heureusement, il y avait de la feuille, c’était en juin. »

Marcel court à travers le bois. Arrivé à sa sortie, des soldats forment une ligne. Infranchissable. Il se cache dans le creux d’un arbre déraciné. Au maquis, de nouveaux coups de feu retentissent. Marcel pense alors qu’ils viennent d’abattre les résistants. Les soldats qui font le guet, en face de lui, décident de prêter main forte à leurs collègues du maquis. Ils traversent le bois, passent à quelques mètres seulement de Marcel. Le jeune paysan saisit l’occasion de s’échapper. Abandonne ses chaussures dont l’une est pleine de sang. Marche dans un ruisseau. Rencontre un voisin qui vient lui donner à manger.

L’aide s’organise. Dans une ferme, on soigne sa blessure avec du persil pillé. Le docteur Gireaux vient consulter Marcel. « C’était un médecin de Nocé qui travaillait la nuit pour les résistants, indique Henri. Quelques temps après, les Allemands sont venus le cueillir lui aussi. Mais c’est son père qu’ils ont pris et qu’ils ont fusillé. » « Il y a des gens qui ont travaillé pendant la guerre, et puis qu’on ne sait pas, », ajoute Henri.

Disparaître

Marcel et son père « disparaissent » le temps que le Perche soit libéré, au mois d’août 1944. Les deux hommes logent dans des fermes. « On allait leur passer des affaires, se souvient Henri. Mais nous avons eu de la chance qu’avec le débarquement, les Allemands aient eu autre chose à faire qu’à nous poursuivre… Parce que, pour ce que nous avions fait, nous aurions pu subir des représailles. »

Le 30 juin, après avoir certainement été torturés pendant deux semaines, les résistants du maquis de Courcerault, sont fusillés dans une carrière de Condé-sur-Sarthe.

De l’arrestation, Marcel n’en parlera pas publiquement pendant longtemps. Avant de décider, vers la fin de sa vie, de témoigner pour les générations futures. « Il n’a jamais été invité à des cérémonies publiques, note Henri. Il était timide, c’est vrai, mais je ne sais pas pourquoi il n’a pas été invité. Il a toujours regretté qu’il n’y ait rien de fait, à cet endroit, en souvenir des gars. » « Des gens de mon âge il y en a bientôt plus, ajoute-t-il. C’est quand même triste qu’il n’y ait pas eu une plaque en mémoire de ces gars, pas loin du maquis. »

Marcel est décédé en 2006. Le maquis, lui, est en train de tomber en ruine. Les pommiers qui l’entouraient ont été abattus. A l’intérieur, la table de l’époque est recouverte de poussières. « Cette maison là, ce qu’il y a dedans, on a décidé qu’on n’y toucherait pas », disait Marcel dans la vidéo.

Sur la porte d’entrée, les traces de balles sont restées. Près de 70 ans après, le maquis de Courcerault est un lieu silencieux, qui garde encore les traces d’un épisode tragique de la seconde guerre mondiale sur le territoire du Perche.

« Une chance du tonnerre »

Le maquis, Henri l’a vendu à son neveu, qui souhaite retaper la maison. « Il aime la chasse et c’est un lieu qui s’y prête, dit-il. Et puis c’est pas si mal si ça reste en famille. »

Henri avait 14 ans en 1944. Aujourd’hui, dans sa chambre d’hôpital, ses souvenirs, de moins en moins précis, restent vifs. « Marcel, il a eu une chance du tonnerre », résume-t-il simplement. « Quand je serai sorti d’ici, si vous voulez, je vous accompagne au maquis. »

( Source: Article rédigé par Simon Gouin )

La Une du journal le Perche   du samedi 7 juillet 1954:

Ci-dessous au format image ( source le blog de Courcerault)

cliquez dessus pour agrandir le document le perche du samedi 7 juillet 1945

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3 réflexions au sujet de « Textes et ressources »

  1. Laure

    Je suis bouleversée de lire cette histoire tragique de notre commune… J’espère pouvoir très prochainement me rendre à cheval dans ce lieu afin de m’y recueillir. Merci pour ce partage qui nous permet de nous souvenir…

    Répondre
    1. admin Auteur de l’article

      Madame
      Je partage votre sentiment et chaque fois que je me suis rendu en ce lieu, j’ai eu de l’émotion. J’espère que ce modeste travail d’amateur aura son utilité et nous permettra d’avoir une pensée encore plus intense pour ceux qui se sont sacrifiés. Ce lieu de mémoire, malheureusement, en toute probabilité disparaitra. Soumis aux intempéries entre autre.

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  2. thibault

    bonjour,
    je suis de même avis que vous sur ce site non préservé.
    Tout de même je sans la même chose quand j’y vais. Je fais partis d’un concours qui s’appel  » s’engager pour libérer la France » donc merci d’avoir fais se site qui est une source pour nous.
    Cordialement

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